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Publié le mardi 13 mai 2008

[ Mardi 13 mai 2008 ]

DES PANACÉS POUR GUÉRIR UN CANCER PORCIN... PAS TROP FORT.

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal La Presse dans la section Affaires, du mercredi 23 avril 2008.

 

Titre : Les producteurs dans une situation critique.

 

Hugo Fontaine,

 

L'industrie québécoise du porc vit une crise qui n'en finit plus. Et depuis un an, les choses empirent. Le prix des céréales grimpe, celui du porc chute. Le dollar canadien reste élevé. Les producteurs sont "pris à la gorge". Alors qu'Ottawa lance un programme pour réduire de 10% le nombre de porcs reproducteurs au pays, Québec met de la pression pour que les acteurs de l'industrie se trouvent un nouveau modus operandi.

 

Portrait d'une industrie qui a le moral dans les sabots...

 

Depuis une dizaine de jours, le gouvernement fédéral a mis en marche un programme qui vise à n’éliminer rien de moins que 10% du cheptel porcin canadien. Ottawa débloque 50 millions de dollars pour convaincre des producteurs de quitter le marché ou d'éliminer leurs porcs reproducteurs.

 

De cette façon, Ottawa prévoit éliminer du marché 150 000 truies, ce qui représente, à terme, une diminution de 3 millions de porcs.

Si le remède paraît fort, c'est que les maux sont sévères. Les producteurs vivent une crise qui n'en finit plus de finir, et Ottawa espère que la réduction du cheptel pourra soutenir les prix.

 

Les producteurs, quant à eux, ne condamnent pas le programme, mais n'y voient pas une panacée. "Un plaster sur le bobo", croit le producteur René Leblanc, de Baie-du-Febvre.

Le bobo est en fait, pour les producteurs, une plaie béante qui tend bien plus à s'infecter qu'à se refermer.

 

Il y a un an, La Presse Affaires faisait état de la crise, déjà très grave au bout de deux ans de maladies dans les troupeaux. Depuis, la situation a évolué dans le mauvais sens.

 

"Les prix ont chuté de façon radicale depuis septembre dernier", indique le président de la Fédération des producteurs de porc du Québec (FPPQ), Jean-Guy Vincent.

Les problèmes de surproduction mondiale se sont accentués. Il y a aujourd'hui 25 % plus de viande de porc réfrigérée aux États-Unis qu'il y a un an, selon le directeur de la production de l'entreprise porcine F. Ménard, Luc Ménard.

 

Le dollar canadien, déjà élevé il y a un an, a continué à grimper, au grand dam des exportateurs. En 2004, un producteur québécois recevait 117 $ pour un porc. À prix égal, aujourd'hui, le producteur ne reçoit que 98 $, à cause du taux de change.

 

Hausse du prix des grains

 

Comme si ce n'était pas assez, les prix des grains, essentiels pour nourrir les animaux, atteignent des niveaux record. Depuis six mois, le prix du maïs a augmenté de 50 %.

 

"Quand c'est rendu que Bernard Derome parle des prix du grain au Téléjournal, c'est que c'est rendu élevé", lance Luc Ménard.

 

La crise est mondiale. Mais tout joue contre le Québec. "Depuis quelques années, on a un quasi-moratoire sur les porcheries à cause de la pression sociale et des règles environnementales, rappelle Daniel-Mercier Gouin, professeur au département d'économie agroalimentaire de l'Université Laval. Cette situation qui perdure conduit à réduire les investissements."

"Les producteurs ne sont pas en mesure de suivre le rythme de développement", ajoute-t-il.

 

Le Québec exporte plus de 50 % de sa production de porc. Aux États-Unis, les grandes entreprises verticalement intégrées sont bien plus efficaces et font la vie dure aux exportateurs québécois sur les marchés asiatiques à fort potentiel.

 

De surcroît, le porc américain prend de plus en plus de place sur le marché québécois.

 

Les producteurs ont des coûts de production trop élevés, et l'industrie québécoise n'est plus assez compétitive.

 

Dans ces circonstances, les producteurs sont financièrement "pris à la gorge", pour reprendre les mots de M. Coulombe.

"Un producteur perd environ 50 à 60 $ par porc", souligne François Bédard, spécialiste des affaires techniques au Conseil canadien du porc.

 

Le pari d'Ottawa

 

Ottawa fait donc le pari de réduire le cheptel pour soutenir les prix et aider les producteurs qui restent dans le marché en mettant sur pied son Programme de réforme des porcs reproducteurs.

 

"Il y a trop de porcs dans le marché, il faut l'ajuster", explique Susie Miller, directrice générale du Bureau de la chaîne de valeur des aliments chez Agriculture et Agroalimentaire Canada.

 

"L'objectif est de relever les prix, mais on ne sais pas si ça va arriver, et dans combien de temps", note François Bédard.

Depuis le 14 avril, un producteur peut réclamer 225 $ par porc reproducteur éliminé. Le programme est rétroactif au 1er novembre et le producteur peut récupérer des sommes pour les animaux vendus depuis ce temps.

 

En contrepartie, le producteur ne doit vendre aucune truie après le 14 avril, et doit s'engager à dépeupler une porcherie de tous ses porcs reproducteurs pour une période d'au moins trois ans.

 

Les producteurs ne se font pas d'illusions sur la portée du programme.

"Un producteur moyen qui possède 300 truies recevra 67 500 $, en échange de quoi il devra renoncer à utiliser ses bâtisses, illustre le secrétaire du Syndicat des producteurs de porc de la Beauce, Mario Rodrigue. Si tu as des dettes sur ces bâtisses, ce n'est pas un bon deal."

 

"C'est un programme intéressant pour le producteur qui quitte ou qui veut quitter, dit Jean-Guy Vincent. Mais ce n'est pas un incitatif, parce que l'endettement des fermes est beaucoup plus élevé."

"Je ne veux pas condamner le programme, mais ça prend des solutions plus énergiques, ajoute Mario Rodrigue. Ce n'est pas ça qui va sauver le secteur porcin."

 

Les porcs éliminés seront récupérés pour faire des nourritures animales, entre autres. Au Québec, la FPPQ a conclu une entente avec des banques alimentaires pour leur fournir la majorité de la viande. Le Conseil canadien du porc garantit que les viandes seront récupérées, sauf dans le cas de très petites fermes qui n'auraient que deux ou trois truies, par exemple.

 

Encadré(s) :

 

71 MILLIONS

Nombre de porcs du Québec vendus en 2006

 

309 MILLIONS

Nombre de porcs du Canada vendus en 2006

 

2490

Nombre de fermes porcines au Québec (2006)

 

1635

Nombre moyen de porcs par ferme au Québec (2006)

 

178

Nombre moyen de porcs par ferme au Québec (1976)

 

 

  

 


 

Les inconvénients de fabriquer de l’essence avec des produits de bases dans la nourriture pour les humains et bien sûr nos animaux, envenime plusieurs problèmes plutôt que de diminuer réellement d’autres problèmes.

 

Vouloir régler un problème d’environnement au détriment d’un secteur aussi important qui est de se nourrir, n’est pas la solution miracle que plusieurs écolos recherchaient.

 

Le prix du dollar qui monte, le prix de l’essence qui augmente, les prix de productions qui diminuent en Asie et l’augmentation de la demande mondiale en Chine, en autre, n’aide en rien notre système économique établi au Canada.

 

Donner des sous pour réduire un cheptel tout en faisant rien pour les employés, les producteurs et en ne voulant pas changer notre manière de payer cet économie. Je ne crois pas qu’il s’agit d’un bon choix à moyen et long terme. Ce n’est que de la poudre aux yeux pour certains électeurs...

 

JFD.

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-05-13 06:31:11 ]

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