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Publié le jeudi 19 juin 2008

[ Jeudi 19 juin 2008 ]

LA CHINE S’AMÉRICANISE. IL Y A-T-IL UN MOYEN DE S’EN SAUVER ?

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal Les Affaires dans la section en manchettes, du samedi 14 juin 2008.

 

Titre : Des entreprises quittent la Chine, devenue trop coûteuse.

 

François Normand,

 

Mondialisation.

 

Raymond Durocher s'arrache les cheveux. L'explosion des coûts de production en Chine chambarde son modèle d'entreprise. "Les coûts ont tellement augmenté qu'il faut regarder ailleurs", dit le président du Groupe Holiday, un importateur de valises fabriquées en Chine.

 

L'entreprise canadienne ne quittera toutefois pas la Chine. Le pays possède encore une économie compétitive malgré la hausse des coûts de production, surtout dans les secteurs à faible valeur ajoutée, comme le textile, le vêtement et la chaussure.

 

Mais Groupe Holiday pourrait bientôt faire fabriquer jusqu'à 50 % de ses valises dans d'autres pays asiatiques, comme la Thaïlande, le Bangladesh, le Viêtnam ou le Cambodge. "C'est une mini révolution dont je me serais passé", confie Raymond Durocher.

 

D'autres entreprises révisent aussi leur stratégie en Chine, comme Giolong International, une firme de Montréal qui aide des sociétés québécoises à s'implanter en Chine. Elle a ouvert l'an dernier un bureau au Viêtnam, qui s'ajoute aux trois qu'elle exploite en Chine.

"La Chine ne sera pas toujours la solution : si nos clients ne veulent plus y faire affaire, il faut se diversifier", affirme la directrice du développement, Marie Dionne.

 

La recherche d'une solution de remplacement à la Chine est loin d'être un phénomène isolé. Près d'une multinationale sur cinq présente dans ce pays prévoit déplacer certaines de ses activités dans d'autres pays asiatiques, selon un sondage récent de la Chambre de commerce américaine à Shanghaï.

Ce n'est pas tout. Il y a aussi des délocalisations à l'intérieur même de la Chine. "Des entreprises chinoises quittent la province de Guang-dong, dans le Sud-Est du pays, pour aller dans le Nord-Est où les coûts de production sont moins élevés", explique Pierre Farah-Lajoie, président de PFL Solutions, qui aide les entreprises d'ici à traiter avec la Chine.

 

La hausse des coûts qui touche l'ensemble de la chaîne de production tient à plusieurs facteurs locaux, qui s'ajoutent aux facteurs internationaux que sont l'explosion des prix des matières premières et de l'énergie.

 

1. Les salaires augmentent

 

La forte croissance économique que connaît la Chine depuis un quart de siècle a fait augmenter les salaires et le niveau de vie des travailleurs, dans le secteur manufacturier comme dans celui des services. "Depuis 10 ans, les salaires ont plus que doublé en Chine", précise Marie Dionne.

 

En fait, les salaires varient beaucoup d'une région à l'autre de la Chine en fonction de l'offre et de la demande ainsi que du niveau de développement. "Le salaire minimum varie de 1,30 à 1,35 $ de l'heure à Shanghaï, mais il peut descendre jusqu'à 0,60 $ dans les provinces très reculées", précise Loïc Tassé, spécialiste de la Chine et membre du CERIUM de l'Université de Montréal.

 

2. Les Chinois travaillent moins

 

Les Occidentaux n'ont pas le monopole de la conciliation travail-famille. Même s'ils ont peu d'enfants, les Chinois veulent de moins en moins travailler comme des forcenés. "Ils revendiquent de plus en plus, dit Marie Dionne. Grâce à Internet, aux vacances et aux voyages d'études à l'étranger, ils savent de plus en plus ce qui se passe ailleurs dans le monde."

"Les heures travaillées ont tendance à diminuer, mais les Chinois sont prêts à travailler plus longtemps si c'est dans l'intérêt de l'entreprise", dit pour sa part Ari Van Assche, spécialiste de la Chine et de la chaîne d'approvisionnement globale à HEC Montréal.

 

Mais pas à n'importe quel prix, rétorque Réjean Provost, vice-président de Canamexport, une entreprise offrant des services d'impartition à des fabricants de vêtements. "Comme ici, les heures supplémentaires sont payées double tarif", dit-il.

De plus, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, les Chinois sont de moins en moins fidèles à l'égard de leur employeur. "On peut changer d'entreprise pour 5 cents de plus de l'heure !" précise Marie Dionne.

 

3. La monnaie chinoise s'apprécie

 

La montée du yuan par rapport au dollar américain, monnaie de référence dans les contrats internationaux, est aussi responsable de la hausse des coûts d'importation de biens fabriqués en Chine.

 

Pendant des années, le yuan était arrimé au billet vert, comme l'est encore le dollar de Hong-Kong. Ainsi, les Chinois obtenaient 8,28 yuans pour un dollar américain. Mais en 2005, Beijing a mis fin à ce taux de change fixe sous la pression des États-Unis, exaspérés par l'explosion de leur déficit commercial avec la Chine. Aujourd'hui, la valeur du yuan est arrimée à un panier de devises comprenant l'euro et le dollar américain.

Actuellement, le dollar américain vaut environ 6,90 yuans, soit 20 % de plus qu'il y a trois ans. Cette situation pénalise par conséquent les entreprises chinoises, qui reçoivent moins de yuans pour chaque dollar américain. "Elles ont d'ailleurs commencé à augmenter leurs prix", précise Raymond Durocher. Les manufacturiers chinois prévoient une nouvelle hausse de leur monnaie, selon Réjean Provost : "Il y a déjà des contrats qui se signent à 6 yuans du dollar".

4. La fin des subventions à l'exportation

 

L'abolition, en 2007, d'une ristourne fiscale (tax rebate) sur les exportations de quelque 2 500 produits à faible valeur ajoutée fabriqués en Chine fait aussi bondir les coûts d'approvisionnement des entreprises canadiennes.

"Ça fait augmenter les coûts d'importation de 12 à 15 %", précise Pierre Farah-Lajoie.

 

Ces derniers mois, il a importé trois cargaisons d'acier pour un de ses clients québécois. Ce dernier a dû débourser près de 25 % de plus qu'il aurait fait à l'époque où la ristourne fiscale était en vigueur. Et cela sans compter les coûts de transport qui augmentent en flèche, en raison de la hausse du baril du pétrole...

Selon le président de PFL Solutions, les autorités chinoises l'ont supprimée pour optimiser la consommation d'énergie en Chine et la concentrer dans la fabrication de produits à forte valeur ajoutée. "La Chine veut devenir spécialiste d'industries plus complexes", confirme Ari Van Assche, de HEC Montréal.

 

Le contexte

 

TERRE D'INVESTISSEMENT

 

16,6 %

Taux de croissance annuelle moyen des investissements directs étrangers au Viêtnam, depuis 2000.

 

Le viêtnam, troisième économie d'Asie ?

 

"Le Viêtnam dépassera, en 2025, les 115 millions d'habitants; s'il sait réformer son système politique, bancaire et scolaire, s'il sait mettre en place des infrastructures routières et lutter contre la corruption, il deviendra la troisième économie d'Asie"

- Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, 2006

 

Commerce extérieur

 

21,2%

Proportion des exportations totales du Viêtnam qui sont envoyées aux États-Unis, faisant de l'Oncle Sam le principal marché étranger du Viêtnam, devant le Japon et l'Australie.

 

Pauvreté extrême

 

1400

Produit intérieur brut par habitant au Bangladesh, en dollars américains, établi en fonction de la parité des pouvoirs d'achat.

 

Protégez-vous en Inde

"Il est fortement recommandé aux investisseurs de retenir les services d'un avocat local et d'intégrer l'arbitrage international dans leurs contrats"

- Exportation et développement Canada (EDC)

 

Tissus Indiens

 

13,5 %

Proportion des produits textiles dans les exportations de l'Inde.

 


 

 

Voilà ce que je disais depuis longtemps à mes amis, connaissances et interlocuteurs… maintenant le temps est arrivé !

 

Les coûts augmentent en Chine; les gens veulent plus de salaires et d’avantages sociaux; et les gens ‘’américanise’’ leur façon de vivre et de travailler. Seul le Japon résiste aux pressions de l’américanisation dans leur travaille.

 

Les mouvements d’entreprises dans les terres intérieures de la Chine et dans les autres pays ayant les mêmes avantages que la Chine avaient il y a 30 ans. Mais cela… ce n’est pas fini !!! Il en reste encore beaucoup de pays comme cela et sur plusieurs continents : Asie, Afrique et Amérique du sud.

 

Notre avantage des années 1920 à 1970 est maintenant le lot des pays en voie de développement. Ce qui fait pour nous, des années encore difficiles pour diverses entreprises, économies…

 

Voilà pourquoi que nos gens doivent se spécialiser ou bien étudier longtemps sur les bancs d’école… et non pas décrocher des écoles secondaires à 40 %. Beaucoup de boulot pour remettre notre réseau scolaire à niveau avec plusieurs pays de la planète. La mondialisation n’est pas seulement dans le bois et les emplois… mais bien dans tout !

 

La productivité, les stratégies, les planifications et le travail de plusieurs intervenants doivent être focalisés dans le même sens. Et non en combat intestine éternellement…

 

Heureusement que le prix du pétrole augmente… et oui une chance ! Car le coût du transport ralentisse les ardeurs de certaines entreprises à déménager certaines tâches vers l’étranger. Mais, c’est toujours les CONSomateurs qui paient les frais. Et cela, ce sont aussi les CONStribuables et CONcitoyens du Québec. Donc : VOUS !!!

 

 

JFD.

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-06-19 18:07:52 ]

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