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Publié le jeudi 10 juillet 2008

[ Jeudi 10 juillet 2008 ]

LA TRANSPARENCE RÉUSSIS DANS PLUSIEURS DOMAINES, VOIR LE CAS D’ADF.

                       

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal Les Affaires dans la section Entreprendre, du samedi 21 juin 2008.

 

Titre : La transparence sauve Groupe ADF.

 

Marc Gosselin,

 

 

C'est lors d'une crise qu'on peut juger de la capacité des gestionnaires de relancer une entreprise. Ceux de Groupe ADF, une entreprise de Terrebonne spécialisée dans la conception, la fabrication et l'installation de charpentes métalliques complexes, ont eu fort à faire pour éviter la faillite entre 2003 et 2005.

 

Bonne nouvelle, la PME fondée par Jacques Paschini a réussi à retrouver sa vitesse de croisière. Pour l'exercice 2007-2008, terminé le 31 janvier, le bénéfice net a atteint 34 millions de dollars et le carnet de commandes se chiffrait à 164,5 millions.

 

Mais l'entreprise est passée très près de la fermeture. Deux événements majeurs sont à l'origine de ses difficultés : les attentats du 11 septembre 2001 à New York et la construction du stade de football Ford Field, à Detroit.

 

Au moment des attentats contre le World Trade Center, 60 % des ventes de Groupe ADF étaient effectuées à New York. " Notre principal marché a été paralysé pendant deux ans ", dit Louis Potvin, chef de la direction financière.

À la même époque, la construction du Ford Field, domicile des Lions de Detroit de la Ligue nationale de football, a entraîné 90 millions de dollars canadiens de dépassement de coûts pour ADF. Le client n'a jamais payé cette somme, un jury d'arbitrage ayant jugé que Groupe ADF était responsable des 22 000 changements effectués par rapport aux devis. " À l'époque, nos marges de crédit de 110 millions étaient entièrement utilisées, et nous avions des contrats de 300 millions à honorer ", se remémore M. Potvin.

 

Négocier de gré à gré

 

Tous les éléments étaient en place pour pousser Groupe ADF au bord de la faillite. Dès janvier 2003, la PME a mis à pied 122 employés au Québec et aux États-Unis. Pour son exercice 2002-2003, la société cotée en Bourse a enregistré une perte de 45 millions de dollars, cinq fois à celle prévue par les analystes.

 

" Pour les gestionnaires, il était hors de question de se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Nous avions plus à gagner en négociant de gré à gré ", indique Louis Potvin. " La crédibilité de l'entreprise constitue le seul actif qu'on contrôle devant ses avocats, ses banquiers et ses fournisseurs ", ajoute le chef de la direction financière.

 

Dans un tel contexte, le premier conseil de Louis Potvin est de " ne pas embellir la réalité. Il faut donner l'heure juste. Il faut s'assurer, comme entrepreneur, de bien contrôler l'information que l'on diffuse. Il doit y avoir un seul porte-parole ", explique-t-il.

 

La situation de la PME a été si délicate que celle-ci a fonctionné sans financement à court terme de 2003 à 2006. " Pendant certaines périodes, nous n'avions pas d'argent pour acheter de l'acier. Il fallait s'entendre à la pièce avec nos fournisseurs. Par exemple, on leur disait que nous allions recevoir un chèque telle date et les payer dans les cinq jours suivants. Nous avons négocié de cette façon avec nos fournisseurs pendant trois ans ", indique Louis Potvin.

 

La négociation de gré à gré a toutefois des limites. Incapable de s'entendre avec ses banquiers, la PME a choisi de racheter toutes ses marges de crédit, grâce notamment à l'appui de sa compagnie de cautionnement. Le créancier à long terme, la Banque de développement du Canada, a choisi de continuer de faire confiance à la direction de Groupe ADF. Une décision payante, puisque la Banque " a été remboursée ".

 

Aucun déchirement

 

" La famille Paschini [propriétaire] peut être fière. Nous avons mené la plus longue liquidation ordonnée au Québec. Et nous avons revu le modèle d'entreprise afin de diminuer le risque financier. Nous n'immobilisons plus d'argent dans nos propres installations, à l'exception de celles de la Floride, et dorénavant, nos clients absorbent dès le début d'un projet le coût des matériaux. La crise nous a permis d'améliorer notre gestion de la trésorerie, et nous n'utilisons plus nos marges de crédit. "

 

Au creux de la vague, Groupe ADF employait seulement 60 personnes. Aujourd'hui, 300 employés y travaillent.

 

LES CONSEILS DE L'EXPERT

 

" Groupe ADF a réussi un bon redressement "

Martine Guimond est avocate spécialisée en droit des sociétés et des valeurs mobilières chez Gowlings.

D’après Martine Guimond, avocate chez Gowlings. " La preuve, c'est que cette société va très bien aujourd'hui ", dit-elle.

 

Dans plus de 90 % des cas de difficultés financières, la transparence constitue la meilleure option, à condition qu'elle s'applique autant au conseil d'administration qu'aux banquiers, créanciers, fournisseurs et employés.

" En tant que société cotée en Bourse, la règle est d'avoir la même qualité d'information pour ses partenaires, banquiers, créanciers, autorités réglementaires, etc. Surtout, il faut divulguer les informations, bonnes ou mauvaises, à la même vitesse ", dit Mme Guimond.

 

Un porte-parole, un message

 

" Cette ouverture ne dispense pas d'un bon contrôle de l'information. L'entreprise doit compter sur un ou deux porte-parole responsables de toutes les informations diffusées ", explique Mme Guimond.

Il faut éviter que plusieurs personnes parlent au nom de l'entreprise au risque de lancer des messages contradictoires. " À cet égard, Groupe ADF a réussi à bien contrôler son message en temps de crise ", ajoute-t-elle.

 

De plus, les sociétés qui vivent des difficultés financières doivent livrer un message fidèle à la réalité. " Les entrepreneurs croient souvent jusqu'au bout qu'ils vont s'en tirer; or, ce n'est pas toujours le cas. " Groupe ADF s'en est tiré, et de belle manière, juge Mme Guimond.

 

 


 

 

Voici enfin une bonne nouvelle dans le domaine des affaires. Voici un cas d’honnêteté qui doit être valorisé dans notre société du paraître, du bien personnel, du je m’en foutisme…

 

La transparence et l’honnêteté devraient être la règle dans bien des domaines. Dans les affaires, en politique, en service public, dans la vie personnelle, etc.

Pour ce qui est de la compagnie ADF (Au Dragon Forgé) cela a très bien fonctionné et tant mieux !

 

Cette entreprise travaille présentement sur le prochain édifice qui remplacera les tours jumelles du World Trade Center. Ce qui les a mis dans le trouble, aidera à les remettre sur pied.

Ces gestionnaires ont fait des erreurs dans le passé, mais ces derniers ont réussis à se reprendre d’une manière très élégante et très efficace.

Ce sont dans ces moments difficiles que nous pouvons différenciés les bons gestionnaires des mauvais. Des gens fiers et intègrent de leurs entreprises aux gens qui ne font que compter les sous.

 

Une entreprise est bien plus que seulement une manière de faire des sous mais aussi un lieu de dépassement, de fierté et d’appartenance. Ces gens ont dû prendre des décisions difficiles et courageuses. Et ils gagnés.

Félicitation également à la Banque de Développement du Canada (BDC) qui ont réussis à faire un gros compromit pour cette entreprise québécoise dans un domaine difficile et concurrentiel.

 

Voilà une belle histoire qui se finit bien pour les gestionnaires, pour les employés, les actionnaires, les créanciers et autres.

Soyez donc transparent et honnête dans vos approches, dans votre vie et vous finirez par gagner. Voici un leitmotiv intéressant et bien plus valorisant que cette hypocrisie trop souvent répandue…

 

 

JFD.

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-07-10 08:06:36 ]

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